Depuis que son train avait passé les faubourgs et les fumées de Charleville, il semblait à l’aspirant Grange que la laideur du monde se dissipait : il s’aperçut qu’il n’y avait plus en vue qu’une seule maison.
(Un balcon en forêt de Julien Gracq 1958)
Sortir de la ville avec une seule idée en tête.
Sortir, passer son tour jusqu’au tunnel.
Ne plus jouer, ne plus sentir ces nuits torrides qui collent, étouffent l’atmosphère.
Nuits de sueurs, d’alcool et de désillusions.
Balayer d’un revers de main.
Repousser cet inconnu trop connu qui obsède.
Vidé, aspiré, lessivé, j’ai abattu mes dernières cartes…
Où me mènent ces rails ?
Peu importe, fini, terminé !
Partir, partir, voler, rouler vers le ciel bleu.
Adieu la cité, je pars.
Salut à toutes et à tous !
Je fuis vers le beau, le bon, le nouveau !
Que me disent ces gares ?
Plus de rues, plus d’immeubles, plus d’embouteillages.
S’extraire de ce brouillard pesant…
Toujours plus vert, toujours plus pur.
Je respire vers mon nouveau logis.
Nathalie Bianchi